Transmettre, c’est aussi transformer : paroles d’entrepreneurs

Une transmission ne se résume pas à changer d’actionnaire ou de dirigeant. Elle se prépare, redistribue les rôles et ouvre une nouvelle étape dans la vie de l’entreprise. À Marseille, plusieurs entrepreneurs ont partagé leur expérience du passage de relais. Avec un même constat : transmettre, c’est aussi accepter de transformer.

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Anticiper pour ne pas subir

C’est le premier enseignement de leurs témoignages. Claire Coutin, directrice exécutive de Château Virant, a vécu une situation où la transmission avait été peu préparée. Elle en retient une conviction : « L’anticipation me paraît fondamentale. »

Anticiper, c’est bien sûr identifier les futurs repreneurs, mais aussi s’assurer qu’ils partagent suffisamment la culture de l’entreprise pour poursuivre son histoire. Chez Château Virant, trois mois de travail ont notamment été nécessaires avec le fonds pour définir la gouvernance : pouvoirs respectifs, décisions stratégiques, nomination des dirigeants, mécanismes de sortie… Un cadre qui permet aujourd’hui, selon Claire Coutin, davantage de fluidité dans la gestion de l’entreprise et dans la relation avec les actionnaires.

Laisser la nouvelle génération trouver sa place

Chez Caractère Imprimeur, la transmission se joue en famille. Stéphane Chazel prépare actuellement le passage de relais à son fils Dorian. Et pour lui, transmettre implique nécessairement une évolution : la génération suivante doit pouvoir « imprimer sa façon de voir, sa vision de l’entreprise ».

Côté repreneur, l’apprentissage est tout aussi important. Dorian Chazel veut d’abord apprendre le métier, comprendre l’ADN de l’entreprise et trouver sa place auprès des équipes. Dans cette transition, il voit le fonds comme un soutien pour l’aider à structurer ses décisions et l’accompagner sur des sujets qu’il maîtrise moins, notamment juridiques, comptables ou financiers.

Choisir un partenaire, pas seulement un financeur

Même constat chez Cannes Aviation Academy, où une transmission partielle du capital a permis à des managers clés de devenir actionnaires et de prendre davantage de responsabilités.

Pour Mathieu Costanzo, son président, le choix du fonds ne pouvait donc pas reposer uniquement sur des critères financiers. Il fallait « partager une vision commune », mais aussi une culture et une compréhension de l’histoire de l’entreprise. Avec une condition essentielle pour construire la suite : « avoir un discours sincère, direct et honnête ».

L’accompagnement se poursuit bien après l’opération. Nicolas Vivancos, directeur général de Cannes Aviation Academy, décrit ainsi le fonds comme « un partenaire au jour le jour », mobilisable notamment sur les questions financières et juridiques. Il insiste également sur la nécessité de préparer la transmission auprès des équipes et des clients.

Ces expériences racontent finalement la transmission comme un mouvement plutôt qu’une rupture. Anticiper, choisir les bonnes personnes, partager une vision et donner au repreneur l’espace nécessaire pour construire la suite.

Car transmettre une entreprise, ce n’est pas chercher à la laisser exactement telle qu’on l’a construite. C’est lui donner les moyens de continuer à grandir sans soi.